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Société > Collectivités locales et décentralisation > Journées sans voitures : assez de gadgets !

Journées sans voitures : assez de gadgets !

mercredi 2 avril 2008 - Guy Sorman - 0 message(s)

La mode du jour et les relations publiques dictent trop souvent les politiques locales. Nous avons déjà dénoncé le ridicule de l’élection d’une Marianne de circonstances par l’Association des maires de France ; c’est la même rigueur qui nous conduit à protester contre les lamentables "journées sans voiture". Dans les quelques villes qui s’y sont aventurées, surtout pendant les jours ouvrables, le mécontentement fut général, à l’exception de quelques lobbies de cyclistes et de trois écologistes démodés. Les Français n’aiment pas qu’on leur dicte leur conduite, qu’on les englue dans les encombrements, qu’on les empêche de travailler sous prétexte de les "éduquer" ! Le principal argument de ces journées serait en effet "pédagogique". Est-il nécessaire d’instaurer la pagaille pour nous enseigner que marcher pollue moins que l’automobile, et, qu’à condition d’être en bonne santé, le vélo est aussi un instrument de transport ? Nos concitoyens sont-ils bêtes au point qu’il faille les faire souffrir pour les former aux éléments de base de la nouvelle science de l’écologie ?

La leçon aura été d’autant plus contre-productive que, le lendemain, tout est revenu comme avant, puisque ces journées sans voiture sont des coups médiatiques sans aucun suivi pratique. Le malheureux dont le temps de transport aura été doublé par la journée sans voiture aura donc retrouvé sa voiture - avec jubilation - ou son transport en commun, sans aucune amélioration.

Ce qui ne signifie pas qu’il ne faille rien faire. Au contraire, beaucoup pourrait être entrepris qui ne serait pas de la poudre aux yeux. Ainsi, en Allemagne, la ville de Brême met-elle à disposition des voitures de location sur des parkings dispersés en ville, où chacun peut se servir avec une carte magnétique, en fonction de ses besoins du jour ; on est débité sur son compte après restitution du véhicule. Après deux ans, 10 % de la population du centre a renoncé à posséder une voiture particulière. Ceci, entre autres, est une véritable politique ; exactement l’inverse des gesticulations auxquelles nous venons d’assiter chez nous.

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Guy Sorman

Guy Sorman, né le 10 mars 1944, est un essayiste français d’origine polonaise.

Ancien élève de l’ENA et de l’Institut d’Etudes politiques de Paris, il enseigne pendant trente ans au sein de celui-ci. Il se fait connaître en 1983 avec La Révolution conservatrice américaine, qui retrace les soubassements idéologique de la victoire de Ronald Reagan en 1980. Puis, il s’intéressera aux diverses solutions pratiques proposées par le libéralisme dans La Solution libérale en 1984. Suivront divers ouvrages se présentant comme autant de carnets de bord signés par cet inlassable globe-trotter des idées : de La Nouvelle Richesse des Nations (1987) et Les Vrais Penseurs de notre temps (1989), à Made in USA, regards sur la civilisation américaine (2004), et tout récemment L’Année du Coq : Chinois et rebelles (2006), en passant par Les enfants de Rifaa, musulmans et modernes (2002).

Derniers ouvrages parus : L’Année du Coq : Chinois et rebelles, 2006 ; L’Économie ne ment pas, Fayard, 2007.

Il est également fondateur et président d’honneur de l’association Action contre la faim et professeur invité dans de nombreuses universités de par le monde.

Sur le Web Blog de Guy Sorman

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